La belle affaire

Chaque matin, j’essaie tant bien que mal, si le temps le permet et qu’il n’y a pas de vent à décorner les bœufs, de me rendre au bureau à pieds en traversant Genève. Trois quarts d’heure de promenade de bon matin, ça peut sembler long, mais c’est rien comparé à trente minutes dans le tram coincé entre un trader et une vieille fourrure qui cocotte! Ce moment est si précieux que, même en cas de panne d’oreiller, je n’hésite pas à prendre le chemin le plus long. Inutile de vous dire qu’en ce moment, je suis rarement à l’heure…

Et ça ne s’arrange pas le mercredi, jour de brocante – car ma route passe forcément sur la plaine de Plainpalais, où l’on trouve depuis peu des stocks complets (encore emballés) de belle laine suisse à des prix dérisoires! Évidemment, j’essaie d’éviter de stocker de la laine sans projet précis, mais comment résister à dix pelotes de laine vierge suisse couleur bordeaux encore dans leur emballage des années, allez… 90?

Et puis… à quoi bon lutter, de toute façon, quand on souffre d’une pénurie de pulls et de gilets, et qu’on lorgne depuis des mois sur des modèles de Ravelry comme:

Nord, le pull torsadé de Veronik Avery…

le cardigan Clarity de Gretchen Ronnevik….

… ou le gilet Astor * de Norah Gaughan (ici dans la version de Gussie)

… voire le gilet Minetta * de Kirsten Kapur, fraîchement arrivé sur Ravelry

Ça ne va pas être facile de trancher, mais comme je ne suis pas très douée en maths, il y a fort à parier que l’échantillon choisira pour moi… Mais avant, il me faudrait, idéalement, terminer les legwarmies (il ne me reste plus qu’un centimètres de côtes, une honte de procrastination), ma version de Larch, qui avance très lentement depuis qu’il s’agit de construire les épaules et que je ne sais plus très bien sur quelle taille je suis partie… et l’écharpe pour mon père, dont je vous parlais la semaine dernière!

À suivre, donc. 🙂

 * modèle gratuit, si, si!

Edit :  le lien ne fonctionne pas pour le gilet Minetta, alors je vous le donne ici

Premières neiges

Quand le Salève est sous la neige, que la ville est tranquille et que rien ne m’oblige à mettre le nez dehors, je ne connais pas meilleure bande-son que The Sound of Silence, de Simon and Garfunkel – un disque que m’a fait connaître mon père, pour lequel je tricote justement ce cache-nez (modèle Mini Herringbone Scarf, de Purl Soho), dans l’espoir de le lui offrir à Noël…

En guest, sur la photo, l’un de mes premiers plats avec un motif improvisé à l’engobe!

Carte postale : Arles

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La vie, c’est toujours une histoire de portes. On ouvre une porte qui en ouvre une autre et encore une autre. Parfois il y en a trop, et on ne sait laquelle choisir, parfois il n’y en a qu’une, fermée à double-tour par un affreux jojo qui a avalé la clé. Depuis que l’une d’elles m’a claqué au nez, je n’arrête pas d’en ouvrir, des portes. Vous ne voyez plus beaucoup de tricot par ici, et pour cause: je cours en tous sens entre un travail alimentaire et des châteaux en Espagne, des projets de traduction qui me tiennent à cœur, des rencontres au sommet et des étincelles de lutte au milieu du désert… et si j’arrive à me poser, je prends une boule de terre et tente de lui donner une forme, une destinée, au grand dam de mes aiguilles. D’où cette avalanche de « mardis », ces derniers temps, sur le blog.

Mais rassurez-vous, je n’oublie pas complètement le tricot, entre des jambières pour Mathilde, une écharpe pour mon père, le gilet Larch pour moi… les promesses dans le coton faites à l’une de mes sœurs et des envies d’offrir à toutes celles et ceux qui m’ont aidée au cours de ces derniers mois. Tôt ou tard, ces projets finiront par aboutir, et vous en serez les premiers informé(e)s.

Le blog a quant à lui subi un petit lifting… Il était temps ! J’espère que vous vous y retrouverez. J’ai aussi changé son nom : accrochage(s), c’est pas mal pour quelqu’un qui aimerait passer le permis, non ?

mardi #6

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Premières engobes sur terre crue, premières improvisations automnales, premiers prototypes de bols à thé. Pour en faire cinq dans les mêmes dimensions et assez rapidement pour que la terre ne sèche pas et que les pieds adhèrent, il va me falloir un sacré doigté ! Ces deux-là, qui ont l’air tout bête, m’ont donné pas mal de fil à retordre – la preuve, celui de droite a même dû être recollé…

mardi #5

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Je vous présente le bol caliméro. Il est un peu tordu, c’est normal. Je ne savais pas qu’un bol se fait en deux fois et qu’il faut lui coller un pied APRÈS. On pense à tort que tout est en une pièce, parce qu’on a trop regardé le film Ghost (LA référence en céramique…) et évidemment on appelle à l’aide qu’une fois que les dégâts sont faits. J’en apprends tous les jours, à ce cours, enfin, tous les mardis. Car le pied trop fin, mais hélas aussi trop mou, s’est écroulé sous le poids du bol… en plus de rester en partie collé à la plaque. Au grands maux, les grands remèdes : ma prof a taillé dans le lard avec son fil à couper le beurre, j’ai dû refaire le fond dans un moule, le sécher (je déteste sécher) et (ce que j’aurais dû faire dès le départ) lui coller un colombin. Cette mésaventure m’a valu le surnom de caliméro le temps d’un soir à l’atelier. Mon bol le méritait aussi, avec son allure de coquille d’œuf à la coque.. un poil tordu.

Quitte à partir en coquille, autant y aller à fond. J’ai donc tenté un émail blanc à effet craquelé. Comme vous le voyez, ça ne saute pas aux yeux… Il m’a donc fallu le révéler. Quand je vous dis que la céramique, c’est magique.

J’avais le choix entre le badigeonner d’encre de chine ou le laisser tremper dans du thé noir. C’est mon vieux thé noir, dont je suis un peu plus sûre de la composition, qui l’a emporté.

Trempez-le dans l’eau, trempez-le dans l’huile, et vous obtiendrez…

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Il est pas beau, franchement, mon bol à compost ?

mardi #4

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Voici un petit saladier réalisé avant les vacances et qui sort tout juste du four ! Je suis particulièrement fière des émaux choisis, en particulier « uranus », utilisé à l’intérieur, dont les irisations (bien difficiles à photographier) forment comme une prunelle…

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Pour les émaux :  il a fallu d’abord badigeonner le saladier avec l’émail foncé, dit émail couvrant, pour qu’il s’incruste dans les reliefs, enlever l’excédent à l’éponge puis plonger le tout dans un émail clair dont j’ai oublié le nom..

Sur la photo également : une tentative de nounours pour un bébé qui va bientôt pointer son nez. Mes aiguilles vont chauffer !

Carte postale

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Une petite carte postale du Terminio municipal del Vera de Bidasoa, où j’ai crapahuté cet été en compagnie de mon amie la Fée Clochette et de Dame Jasmine (hors cadre), histoire de redonner un peu de vie à ce blog comme qui dirait dans le brouillard. Si vous aviez deux euros à mettre dans les jumelles, à l’horizon, derrière les stratus, vous pourriez voir (outre l’océan et les Pyrénées):

  • une version bicolore de Larch (encore au stade d’échantillon) qui, j’espère, me redonnera le feu sacré, après un été de sérieux détricotage
  • de la terre cuite en veux-tu, en voilà, car mes mardis viennent de reprendre. J’ai d’ailleurs passé la soirée à émailler et me suis initiée aux joies du tournage. Hâte de voir comment les créatures sortiront du four !
  • du tricot 3D en la personne d’un nounours/doudou qui n’a pour l’heure que deux bras – un projet improvisé très amusant à réaliser puisqu’il allie mes trois passions du moments – le modelage, le maillage et le matraquage de cadeaux aux joyeux lutins qui égayent mes promenades en forêt.

Tout cela arrivera au cours des prochains jours, dans les semaines qui viennent… promis, on reste en 2014 !

À bientôt, et bonne rentrée 😉

mardi #3

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Cette pièce, qui devait exploser à la cuisson, est de loin celle que je préfère. Des formes aussi anguleuses et rapprochées résistent difficilement aux tensions de la terre qui se rétracte. Lorsqu’on fait des trous, il est plus sage de conserver un espace de deux doigts de terre (ça c’est ce que m’a dit ma prof après !) et s’en tenir à des formes rondes pour éviter les tensions contradictoires.

J’aime particulièrement les variations de couleurs – involontaires, il va sans dire – que l’on voit sur les angles. Explication de ma prof : l’émail, sous l’effet de la cuisson, s’est rétracté, désertant les zones les plus anguleuses. Résultat, les abords des angles apparaissent plus foncés et les arêtes laissent entrevoir la couleur de la terre.

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J

Dernière improvisation (même émail, même terre, avec un appliqué de dentelles) : une cruche et un petit pot où je mets le gros sel. Le petit pot devait être la première tasse d’une série. Mais j’ignorais à quel point il est difficile d’obtenir même deux objets similaires lorsque l’on débute… Moralité : il me reste encore pas mal de trucs à apprendre avant de devenir autonome dans cette discipline !

Quand le mois de juin prend des airs de septembre, il fait bon ressortir ses aiguilles et tricoter au rythme de la pluie qui bat contre les vitres. Ici, un snood sur le point d’être cousu dans une laine comme on en fait plus, dont j’ai achetées 6 pelotes chez Emmaüs pour trois francs six sous, avec ces sympathiques aiguilles de « grand-maman » sixties (comme on les appelle par chez moi..).

knitbowl

Depuis le temps que je regarde avec envie tous les knitbowls ou bols à laine de la blogosphère, ça aurait été bête de ne pas tenter… Voici ma version, en terre noire avec émaillage blanc brillant à l’intérieur, pour un résultat un peu trop lourd (la bête pèse 1 kilo), un peu trop rugueux (malgré le ponçage) et un peu trop brut à mon goût, à mi-chemin entre la fève de cacao, l’œuf de Pâques et la noix de coco.

Mais comme dirait mon père, j’en voulais un, je l’ai maintenant. Et je l’aime quand même.